La science derrière Mentalizi
Mentalizi s'appuie sur des techniques dont les premières méta-analyses remontent aux années 1980 (Feltz & Landers, 1983). Voici ce que la recherche mesure sur ces techniques, et ce qu'elle ne prouve pas encore.
Ces chiffres mesurent un écart moyen entre les gens qui ont fait l'exercice et ceux qui ne l'ont pas fait. Ce n'est pas une promesse pour toi. Autour de 0,5 : si on prenait au hasard une personne dans chaque groupe, celle qui s'est entraînée serait devant environ six fois sur dix, et derrière quatre fois sur dix.
Le détail : un g, un d ou un SMD expriment la même chose, un écart compté en écarts-types. Par convention 0,2 est petit, 0,5 moyen, 0,8 grand. Le crochet qui suit est l'intervalle : la fourchette de valeurs que les données ne permettent pas d'écarter. Plus il est large, moins on sait. ⚠ Un intervalle de confiance à 95 % ne dit pas « le vrai effet a 95 % de chances d'être là-dedans » : c'est la définition d'un intervalle de crédibilité, et une seule de nos quatre références en publie un.
⚠ Ces chiffres mesurent des techniques, pas notre application. Mentalizi n'a fait l'objet d'aucun essai contrôlé à ce jour. Nous nous appuyons sur ces travaux pour concevoir nos protocoles ; nous ne pouvons pas nous en attribuer les résultats.
Les quatre mesures qui structurent nos protocoles
Routines de pré-performance
Trois estimations, pas une. En pré-post : SMC = 0,31, IC 95 % [0,18 ; 0,44], un petit effet. En protocole expérimental hors pression : g = 0,64, IC 95 % [0,45 ; 0,83]. Sous pression : g = 0,70, mais avec un intervalle très large, IC 95 % [0,24 ; 1,16] : le vrai effet peut n'être que petit. Nous affichons en gros le chiffre le plus favorable ; voici aussi le plus prudent.
Aucun modérateur ne ressort comme significatif : ni l'âge, ni le genre, ni le niveau, ni la complexité de la routine. Attention à la lecture : un test de modération qui ne conclut pas ne prouve pas que la routine marche pareil pour tout le monde ; il indique surtout que les données ne permettent pas de trancher. C'est pour nous une raison de proposer un protocole unique, pas une garantie de résultat identique.
⚠ Et attention à ce que « routine » désigne dans cette littérature : une séquence de quelques secondes juste avant une tentative (un putt, un service, un lancer franc), et non une séance répétée sur plusieurs semaines. Une partie des effets agrégés vient même de techniques que nous ne proposons pas (contraction dynamique de la main gauche, quiet eye).
Rupprecht, Tran & Gröpel (2021 en ligne / 2024 imprimé), International Review of Sport and Exercise Psychology, 17(1), 39–64. La recherche documentaire est close en 2020 : citer « 2024 » seul donnerait à ce travail une fraîcheur qu'il n'a pas. DOI
Imagerie mentale
L'une des plus larges synthèses à ce jour sur le fait de répéter un geste dans sa tête. Effet moyen, intervalle de crédibilité à 95 % [0,34 ; 0,67]. C'est une méta-analyse bayésienne, pas un intervalle de confiance. Le facteur de Bayes vaut 12,4 : une preuve forte, pas décisive. Et la base est plus étroite que « la performance motrice » en général : agilité, force musculaire, tennis, football.
⚠ L'hétérogénéité entre études atteint I² = 66 % : les études agrégées ne mesurent pas tout à fait la même chose.
Liu, Zhao, Zhang, Zhang, Liang & Ning (2025), Behavioral Sciences, 15(5), 685. DOI
Discours interne
ES = 0,48, IC 95 % [0,38 ; 0,58]. L'effet est plus fort quand le discours interne est enseigné que simplement suggéré, et sur les gestes fins ou récemment appris. Autrement dit : il faut un guide, pas un slogan.
Ce modérateur a une conséquence qu'il faut dire : sur un geste que tu maîtrises déjà et qui engage tout le corps, l'effet attendu est plus faible que sur un geste fin que tu es en train d'apprendre.
C'est notre référence la plus solide. Une réplication bayésienne indépendante (Corcoran & Steele, 2023), sur 34 études et 128 effets, retrouve presque exactement le même chiffre : 0,47 [0,39 ; 0,56]. De nos quatre références, c'est la seule à avoir été répliquée.
Hatzigeorgiadis, Zourbanos, Galanis & Theodorakis (2011), Perspectives on Psychological Science, 6(4), 348–356. DOI
Préparation mentale, en essais contrôlés
La référence historique du domaine, sur la performance sportive mesurée en post-test. IC 95 % [0,22 ; 0,92], sur 35 essais randomisés et 997 sportifs.
⚠ Une réserve que nous devons citer : dans cette même méta-analyse, les effets les plus forts apparaissent quand l'intervention est délivrée par l'entraîneur. Aucune des 35 études n'évaluait une application. Ces essais mesurent des protocoles délivrés par des professionnels et des entraîneurs. Nous nous en inspirons, nous ne les remplaçons pas.
Brown & Fletcher (2017), Sports Medicine, 47(1), 77–99. DOI
Ce que la recherche ne prouve pas encore
La méta-analyse la plus récente du domaine est sévère, et nous préférons l'écrire nous-mêmes.
Reinebo et ses collègues rapportent des effets moyens (entraînement psychologique : g = 0,83, IC 95 % [0,21 ; 1,45] ; imagerie : g = 0,75, IC 95 % [0,14 ; 1,36] ; pleine conscience : g = 0,67, IC 95 % [0,01 ; 1,32]) : trois intervalles qui frôlent zéro avant même l'analyse de sensibilité. Puis ils écrivent que lorsque les essais non randomisés et les mesures subjectives de performance étaient retirés dans les analyses de sensibilité, les estimations globales n'étaient plus significatives dans aucune des synthèses
. Leur conclusion : ces effets ne sont pas stables
.
⚠ Nous avons longtemps tiré de cette phrase un argument qui n'y était pas. Reinebo et ses collègues ne reprochent pas aux protocoles d'être mal délivrés : ils reprochent aux essais d'être non randomisés et de mesurer la performance par déclaration. Un produit standardisé ne corrige ni l'un ni l'autre. Ce que nous en tirons est plus modeste : nous délivrons le même protocole à tout le monde, ce qui rendra nos propres résultats vérifiables le jour où nous les mesurerons dans un essai contrôlé. Nous ne l'avons pas encore fait.
Trois réserves que nous n'avons pas envie d'écrire, et que nous écrivons quand même. Aucune des 25 études synthétisées par Reinebo n'était préenregistrée : les résultats n'ont donc pas été protégés contre le tri des analyses après coup. L'hétérogénéité entre études est élevée : elles ne mesurent pas tout à fait la même chose. Et dans presque tous ces essais, le participant sait qu'il reçoit l'intervention : une partie de l'effet peut être un effet d'attente.
Reinebo, Alfonsson, Jansson-Fröjmark, Rozental & Lundgren (2024), Sports Medicine, 54(2), 347–373. 111 études examinées, 25 synthétisées. DOI
Comment nous traduisons ça dans le produit
- Court. Une séance de trois minutes se fait vraiment un mardi soir. C'est un choix d'usage, pas un résultat d'étude : la seule de nos références qui teste la dose, Liu et coll. (2025), situe l'optimum plutôt vers dix minutes, trois fois par semaine, sur une centaine de jours. Nous préférons une séance courte réellement faite qu'une séance longue jamais commencée. Mais c'est un pari sur l'observance, pas une donnée.
- Répétable. Le même protocole, dans le même ordre, à chaque fois. Nous nous inspirons des études sur les routines de pré-performance, sans prétendre que notre format est celui qu'elles ont mesuré.
- Mesurable. Nous suivons des indicateurs d'usage et des ressentis déclarés, présentés comme un journal de bord, jamais comme un verdict ni comme un score de santé.
Mentalizi est un outil de préparation mentale et de bien-être destiné aux sportifs. Ce n'est pas un dispositif médical, et il ne remplace ni un avis, ni un suivi, ni un accompagnement par un professionnel de santé. Si tu traverses une période difficile, parles-en à un professionnel ; en France, le 3114 est gratuit et joignable 24 h/24.
Dernière revue de la littérature : 2 septembre 2026 · Rédigé et vérifié en interne · Aucun financement externe. Chaque chiffre de cette page a été confronté au résumé publié de l'étude citée ; les liens DOI mènent à la source.